TROU NOIR

Voyage dans la dissidence sexuelle

Français | English

Et voilà pourquoi votre fille est muette

Nous proposons à la lecture, en accompagnemant d’un entretien avec Lola Miesseroff, le tract de rupture d’avec le Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire. L’entretien vient expliquer comment certaines questions politiques s’actualisent aujourd’hui dans le même bouillonnement mêlant étudiants, vie collective, actions politiques et expérimentation amoureuse. Ce tract résonne encore vivement, dénonçant l’accaparement de la parole par les petits chefs et les assemblées politiques devenues scènes de théâtre. Il pose enfin la question de la libération et assume son parti-pris dans une certaine définition de la révolution.

L’émancipation des homosexuels ne sera pas l’œuvre des seuls homosexuels. Le problème de l’homosexualité n’est qu’un aspect partiel du problème général des rapports, qui ne sera résolu que dans la transparence totale entre les individus, but et moyen de la révolution.
Néanmoins s’affirme la nécessité d’une organisation des homosexuels : c’est de la conscience de leur oppression spécifique que peut naître leur conscience de l’oppression générale des rapports.

La base spécialisée du FHAR a réuni des individus de tous bords au sein d’une assemblée générale volontairement sans forme. Le refus d’une structuration visible a amené une bureaucratie occulte qui fait de l’AG un lieu de spectacle et de répression. Des petits chefs gauchistes et des artistes se passent continuellement la parole, excluant toute autre forme de participation que l’applaudissement ou l’exhibition.

Les petits chefs gauchistes professionnels se retirent entre eux pour lire le courrier, le censurer avant de le communiquer à TOUT. Les mêmes détiennent et cachent on ne sait quel fichier. Ils organisent le parcage (bien consenti d’ailleurs) sur le campus ghetto de Tours ou la pelouse-corral de Revilly.

Les artistes organisent de leur côté le parcage sur les lieux de leurs exploits : théâtres, galerie de peinture. Comme la fonction d’artiste offre à l’homosexuel la possibilité d’une intégration glorieuse, il produit, dans le cadre de cette fonction, une marchandise à consommer passivement, substitut au manque à vivre. Et l’on voit d’aucuns dédicacer des livres, inviter le FHAR au théâtre pour y filtrer les entrées et empêcher tout scandale (soutien aux Japonais en colère qui défendent leur soja), convier à des mondanités picturales et crier à la provocation policière dès que nous y inscrivons notre mépris (« LES PD SONT DES VANDALES », sur un tableau, rue Guénégaud), et même signer sereinement « Le FHAR » des chansons ineptes. La bêtise atteint son comble avec le projet d’une chorale. À quand les majorettes du FHAR ?

Ainsi manœuvrée, l’AG ne débat que des faux problèmes et masque les vrais. On se distribue des satisfécits pour n’importe quelles actions, même les plus dérisoires. On projette des actions en spéculant avant tout sur la publicité qu’elles peuvent apporter. À quand le spot de télé et la banderole « FHAR » traînée par un avion ?

On n’ose plus parler (par peur de scission) de révolution, de pédérastie, de racisme esthétique (latent au FHAR), du problème des boîtes (si l’on en parle plus, c’est [qu’on] continue à y aller tristement draguer), des rapports de prestige vestimentaire, des rapports de consommation (dans la drague et la partouze systématisées), des couples (comme s’il n’y en avait pas au FHAR !), de la naissance d’un racisme vis-à-vis des hétéro-sexuels (comme s’il n’existait pas de bi-sexuels au FHAR !).

Si nous avons fait un texte, c’est pour éviter le piège de la parole truquée et de son faux rapport dans le spectacle de l’AG.

Le FHAR, en tant que structure de rencontre, laissait espérer la création de nouveaux rapports, condition d’une intervention réelle sur la vie. Ces rapports ne se trouvent pas dans les commissions (réunion de spécialistes où l’on s’emmerde). On peut les attendre des comités de quartiers qui, de par leur implantation, ont la possibilité de supprimer la séparation entre les moments de militantisme et le reste de la vie quotidienne.

Le FHAR, parce qu’il est une organisation spécialisée, se manifeste comme un ghetto et créateur de ghettos. On se propose de rencontrer vite, hors du ghetto FHAR, ceux qui en souffrent déjà et qui désirent le dépassement du FHAR par lui-même, en exigeant que soit posé le problème total des rapports et que soit entreprise sa résolution qui ne pourra être que révolutionnaire.

Philippe P.
Jean S.
Roland S.
Jacques D.
Lola M.
Jacques D.
Patrick D.
Karine G.

FHAR
Retour sur le mouvement homosexuel français - Entretien avec Guy Hocquenghem Guy Hocquenghem

« Le FHAR, à son origine, c’était comme un œuf, quelque chose de primordial »

Ta petite « Rêvolution virile » tu peux te la foutre au cul, Camarade !
Archive -

28 avril 2021

« A fleur d’eau, à plat ventre, à quatre pattes, et à corps et à cris, à table ou accroupies, les Filles du Peuple te feront voir en moins de deux, exactement ce que c’est que la Rêvolution ! »

Sexualité
Lieux de drague
Recherches -

28 Novembre 2020

Pour une exploration des pratiques sexuelles dans « l’espace public » : refoulements, impensés, créativités. Par Adrien Le Bot.

Éjaculats & Capital Estelle Benazet

« Plus je jouis, plus j’écris. »

Luttes
LES MOUVEMENTS « LGBT », LA RETRAITE, ET LES LUTTES SOCIALES Thierry Schaffauser

La lutte contre l’homophobie et les discriminations doit-elle vraiment être dessaisie de nos mouvements et être validée par le gouvernement ?

Le Stonewall que vous connaissez est un mythe. Et ce n’est pas un problème !
Analyse -

28 Juin 2020

« Raconter sa propre histoire est un cadeau, mais cela signifie que vous devez composer avec les histoires des autres »

Années 1970
Bordel ! - par Alain Burosse
Récit -

28 février 2022

Alain Burosse

Récit de la lutte homosexuelle des années 70 au travers des souvenirs d’Alain Burosse.

Le FHAR, origines et illustrations
Archive -

28 FÉVRIER 2021

Françoise d’Eaubonne

« Cette fin sans honneur ne put en rien effacer l’influence profonde que dix-huit mois d’existence fiévreuse et fertile avaient exercée sur l’environnement culturel. »
par Françoise d’Eaubonne

[Avant-Hier]
La République des chiennes
Archive -

28 février 2020

La République des chiennes ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.

Homosexualité et refus du travail
Archive -

28 Mars 2020

Mario Mieli

« La lutte pour le communisme doit se manifester aussi comme la négation de la Norme hétérosexuelle »